Interview Jupiter-8 [Album « The Hit » en exclusivité temporaire]

1234124_397141427079526_1317753081_n© Emily Burgos

Quand on écoute la musique de Jupiter-8, on se retrouve dans un univers très référencé dans lequel se côtoient tous les genres majeurs du cinéma populaire Américain . Son blaze est carrément tiré du synthétiseur analogique de chez Roland qui a permit à Harold Faltermeyer de composer Axel F, le thème phare du « Flic de Beverlly Hills ».

Ses mélodies agissent alors comme des madeleines de Proust, qui nous rappellent le bon temps du vidéo club, des cartouches de Super Nes dans lesquels on souffle et d’une époque insouciante où le divertissement tel qu’on peux le voir aujourd’hui prenait racine.

Avec une soixantaine de projets à son actif, on peux dire que le mec ne chôme pas et il n’a pas l’air d’avoir encore tout dit ou plutôt d’avoir tout composé.

J’ai donc décidé de l’interviewé et il m’a gracieusement permis d’avoir, ici même, l’exclusivité d’une semaine d’écoute de son dernier projet « The Hit », un album inspiré de GTA Vice City. Celui ci est écoutable en fin d’article.

Tout d’abord, si on regarde ton profil Bandcamp, tu a directement commencé par sortir un album en juillet 2013. On percevait déjà, malgré un coté assez cheap par rapport à tes derniers projets, que les années 80 t’avait profondément marqué. Encore maintenant, toute ta musique est un ode à l’esthétisme et aux sonorités de cette décennie. Tu a grandi dans les années 90 pourtant, pourquoi cette époque plus qu’une autre ?

J’ai toujours aimé les films des années 80. De part leur bandes-originales ou encore la manière dont ils étaient réalisés. C’est cela qui m’a, en quelque sorte, propulsé dans cet univers.

Tu a fait des études de musiques auparavant ?

Pas vraiment. Je prenais des cours de guitare dans une MJC, mais je n’ai jamais fait vraiment de solfège. Par contre, il m’arrive de temps en temps d’étudier de mon côté, en freelance cet aspect.

Hors compositeurs de soundtracks de films ou de série, tu affectionne des musiciens, groupes, chanteurs en particulier ?

Oui, j’écoute pas mal de choses très différentes les unes des autres. J’aime beaucoup le Heavy Métal, le Trash ou le Hard Rock avec des groupes comme Metallica, Iron Maiden, etc… mais j’ai eu une période où j’écoutais énormément de Yngwie Malmsteen et de Rainbow. Sinon en ce moment j’écoute du Smooth Jazz avec des artistes comme Lee Ritenour où Tom Scott, ce qui n’a plus grand chose à voir avec le métal  ! J’aime beaucoup aussi le groupe Tangerine Dream qui avait travaillé sur de nombreuse B.O et j’affectionne la variété française avec Johnny Halliday, Eddie Mitchell ou Michel Sardou.

Tu doit avoir vu beaucoup de films aussi ! Sur la scène Synthwave, dont tu fait partie, tu est considéré comme un hyper-actif. Tes releases sont fréquents et on peut se demander où tu trouves toute cette inspiration. Quels B.O de films et séries t’ont particulièrement marqué du coup ? On veux des noms de compositeurs !

Oui je suis très vaillant. Je travaille spontanément, dès que j’ai une idée, je m’y met directement. Je m’inspire en écoutant d’autres bande sons ou en regardant des films. En compositeurs j’aime bien Harold Faltermeyer, Alan Silvestri, Giorgio Moroder et surtout John Carpenter. Je reste très classique la dessus, malgré mon affection pour  des compositeurs moins connus comme Chuck Cirino qui avait composé pour Chopping Mall. La musique dans un film est très importante, mais n’a plus la même place dans les productions d’aujourd’hui. Les synthétiseurs pouvaient faire des super sons et il y a pas mal de morceaux qui rendaient très bien à l’écran qui étaient au final assez minimalistes.

On notera que la bande originale de Chopping Mall est sorti en Juillet 2014 sur le label Waxwork Records.

Tu réalise des courts métrages sous le nom « Guts Production », tu compose des morceaux pour chacun d’eux. Pour toi le son et l’image, ça va de pair ?

Complétement, c’était l’occasion de composer pour de vrai films ! Comme je le disais, la musique est très importante dans un film et réaliser en illustrant musicalement les scènes, je trouvais ça super, ça faisait comme Carpenter et au moins j’étais sur d’aimer la bande originale à la fin.

Un court métrage typique de la Guts Production.

Pour moi, ta façon de faire est plutôt intégriste, dans le sens où tu fait vraiment les choses « à l’ancienne ». Tes compos sont de purs morceaux qu’on aurait pu entendre dans un film des années 80, alors que d’autres artistes catégorisé pourtant dans la même scène mélangent des sonorités d’italo -disco à d’autres beaucoup plus violente et modernes. J’affectionne, les deux façons de faire, mais au final, c’est pas encore une étiquette un peu idiote la Synthwave ?

La Synthwave c’est très vaste, dedans il y a plusieurs courants musicaux. Je qualifierai plus ma musique de soundtrack. Certaines personnes la mettent dans l’horrorwave aussi à cause de mes nombreux albums horreur. Après je ne dirais pas que c’est idiot comme étiquette mais j’encouragerais plus les gens à écouter les sous genre de ce style.

Ton dernier album est un hommage à « GTAVice City ». Encore une fois, on est dans un registre totalement 80’s qui correspond à l’univers du titre de Rockstar Games. Tu a aussi fait des reprises de Castlevania ou Ninja Gaiden ? Est-tu un fervent défenseur des vieux jeux de la période 80, ou achète tu aussi les nouveautès ?

Je suis adepte du retro gaming, cependant,  il m’arrive de faire des titres récents. Je suis un fan des GTA, je joue aux Call of Duty aussi mais là où je m’amuse le plus, c’est avec les softs de gestion ou de stratégie, je passe par exemple des heures sur Sim City ou Roller Coaster Tycoon.

Et il y a des bandes originales de jeux vidéos qui t’ont touchés ?

Un bon nombre. J’adore les musiques de Street Fighter 2 et des jeux de Super Nintendo en général, mais particulièrement des RPG comme Secret of Mana. J’ai découvert plus tard les OST’s de Ninja Gaiden et de Castlevania que j’ai adoré, c’est pour ça qu’elles m’ont inspirés pour deux de mes derniers EP’s.

Une cover assez cool de Castlevania II par Jupiter-8.

Les Artworks de tes derniers projets ont vraiment de la gueule ! Je pense particulièrement à celle de Texas Werewolf. C’est de toi ou tu bosse avec un graphiste ?

Je travaille avec des graphistes qui gèrent bien. Texas Werewolf est le fruit du travaille de Cordery FX, une boite australienne qui travaille sur Lieutnant Jangles, un film australien pour lequel je fait la B.O. Sinon c’est Havana Chase qui réalise les artworks, notamment celui de « The Unknown ».

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Toujours en lien avec le graphisme, tu lis des BD, Comics ou Mangas ?

Pas vraiment, j’en ai plus ou moins lu. Ça allait de Dragon Ball  à Asterix, en passant par Spider- Man et ses copains. Je peux pas vraiment dire que je soit un fin connaisseur.

Tu à eu droit à une sortie physique de ton projet « Lone Rider » sur CD et K7 (malheureusement, braves gens, les 2 formats sont épuisées), sortie chez Werkstatt Recordings en début d’année dernière. Ça t’a fait quoi, de voir ta musique concrétisé sur un format qu’on peux toucher ? Comment ça s’est goupillé et compte tu réitéré la formule ?

C’était génial, je voulais faire ça depuis longtemps et ce label m’a permis de concrétiser le truc. C’est une sorte d’aboutissement en fait, et j’aimerais bien reproduire le schéma ça c’est sur !

Comme beaucoup de gens de la « génération Internet », tu l’a joué self made man et aujourd’hui, tu vends ta musique un peu partout dans le monde, bien que résidant en France. C’est assez cool de voir que ton travail peux être écouté sur une bonne partie du globe. Tu pense quoi des grosses maisons de disques à notre époque ?

Je pense que c’est très élitiste et même carrément bouché. Et au delà de ça, je n’ai pas vraiment confiance en ces boîtes. De toute façon,  je suis trop petit pour qu’elles s’intéressent à moi. Ce qui est fascinant avec internet et plus directement Bandcamp et Soundcloud, c’est qu’on peut vraiment écouter de tout, ça ne se limite pas aux goût d’une maison de disque, qui ne sort que ce qu’elle à décidé  d’être légitime et en adéquation à son business.

Pour le moment, tu n’a pas fait de live. Ça te tenterai ? J’imagine bien tout le visuel qui pourrait accompagner tes compositions sur scène.

Ça ne m’a jamais tenté. Je vois pas vraiment comment je pourrait m’y prendre. Je préfère faire mon truc, rester dans l’ombre mais c’est net que question visuel le public aurait été gâté, très gâté !

A ce que je sais, ta musique est entièrement composée via un clavier midi et un ordinateur. Grâce à Fruity Loops et ses VST, tu émule beaucoup de synthétiseurs d’époque. Si tu avais les moyen d’en posséder un en vrai, le(s)quel(s) serai(en)t-ce ?

Je prendrait tout d’abord un Fairlight CMI qui fut utilisé par Jan Hammer pour la composition de la musique de la série Miami Vice, ensuite un Jupiter-8, Prophet V, Arp 2600, Oberheim OB-X, Emulator I et II, Yamaha DX-7 . Et pour les boîtes à rythme une Linn Drum LM-1 et LM-2, une TR-808, une Drumulator et je pense que ce serait tout…

Herbie « Fucking » Hancock avec son Fairlight CMI.

L’évènement récent, c’était inévitablement la sortie de « The Force Awakens » Ayant surement grandi avec la trilogie originale, qu’en à tu pensé ?

Pour moi Star Wars, ça restera « Un Nouvel Espoir », « L’Empire contre-attaque » et « Le Retour du Jedi ».

Tu a déjà fait un projet dans l’ambiance science-fiction/espace/horreur à la Alien avec l’album Signals. Bien que la musique de ces films soit symphonique, un EP ou album inspirée de la saga initié par Lucas ça te tenterai ?

Ça peut être pas mal comme idée en effet, mais je pense qu’il va y avoir un paquet de ce genre de tribute.

Pour conclure quels sont tes derniers coups de cœur (Musique, Ciné, Jeux vidéos…) ?

L’an dernier, j’ai écouté pas mal de jazz, des artistes que je connaissais plus ou moins mais aussi des types que je ne connaissais pas comme Tom Scott. J’ai également écouté pas mal de Zapp and Roger et de Roger Troutman. En ce qui concerne les films, j’ai adoré American Sniper et It Follows, la musique était dingue. Sinon pour les jeux vidéos j’ai pas trop testé de nouveaux trucs, je reste dans les jeux de gestion comme Tropico…

 

L’album « The Hit » en écoute intégrale :

 

Jupiter- 8 est trouvable sur Bandcamp, Soundcloud, Youtube ou Facebook.

Comment l’artiste contemporain Takashi Murakami a envahi l’animation Japonaise, la mode, l’industrie musicale puis Versailles

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Si Takashi Murakami ne parle pas forcément au commun des mortels  ou s’il représente seulement pour vous le type qui s’est fait flingué légèrement lorsqu’il a exposé à Versailles en 2010 . Il reste une figure importante, que l’on peux sans broncher comparé à un Warhol du pays du soleil levant.

Dans le sens où, plutôt que de se limiter à créer des oeuvres  sur différents supports plutôt conventionnels pour un artiste de sa trempe (Après tout niveau matière utilisé dans le contemporain, on a vu plus étonnant). Il a aussi eu une influence considérable sur d’autres créateurs, de milieux artistiques plus mainstream voir plus luxueux.

Tous les travaux que le Japonais a réalisé ne sortent pas de nulle part et son travail et avant tout inspiré par la pop culture de son pays natale, qu’il s’agisse de manga, d’animés, de jeux vidéos ou encore de jouets. Figurines qu’il fabrique d’ailleurs sous la structure Kaikai Kiki.

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La gueules des bouzins, ça va du kawai psyché au mignon sexy vite fait provoc.

Si beaucoup de sources sur le web explique que Murakami est l’instigateur d’un mouvement artistique nommé Superflat,dont la définition est d’ailleurs, soit à coté de la plaque, soit  trop vague, mais dont l’énergumène se revendique tout de même le créateur.  On peux  affirmer que ce mouvement créatif  est surtout inspiré du travail des animateurs talentueux de son pays et entre autres, du travail d’un certain Yoshinari Kanada. La vidéo qui suit, vous montre son travail en tant que sublime metteur en scène d’images qui bougent :

Il est nécessaire de mettre les inspirations de Murakami en avant. D’une part, pour mieux saisir l’artiste, d’autre part, parce que l’animation Japonaise, en dehors de ses quelques noms connus internationalement (Miyazaki, Oshii ou Otomo). reste un gros trou noir où  les artisans derrières les tables à dessins sont rarement, voir jamais mis en avant. Alors que leurs travaux, en plus d’être dantesque peuvent parfois être très  avant-gardiste  et influencer l’animation occidentale, la bd mondiale ou l’art en général.

Là où Murakami a dû être sur le cul, c’est lors de la sortie nippone du deuxième film Digimon le 4 Mars 2000 réalisé par Mamoru Hosoda…

En plus d’être un film qui surpasse la licence dont il est tiré,on assiste visuellement à un chef d’oeuvre offrant 2 types de styles graphiques différents en fonction des univers qu’il présente (le monde réel et le monde digital).

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Ici l’animation est plutôt traditionnelle, les contours du personnage sont fait au trait noir, chose plutôt commune dans dans un dessin animé. On remarquera que les ombres ne sont pas présente sur le personnage ce qui simplifie l’animation. Cette séquence du film représente le monde réel.

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Dans cette séquence en revanche, les personnage ont de traits de contours soit de couleur soit n’en on pas du tout. La séquence représente le monde digitale.

Extrait très parlant en matière d’influence visuel

Si le film « Bokura no War Game » de Digimon réunit  beaucoup de qualités, il n’en reste pas moins une ébauche de « Summer Wars ». Film dont le scénario, bien que très proche du deuxième film de la franchise de Bandai est plus abouti sur le fond. Mais n’allons pas trop vite en besogne.

Comment et pourquoi Murakami, l’artiste, est autant touché par le film d’Hosoda ? J’aimerais l’interviewer pour le savoir, mais ce qui est certain, c’est qu il s’occupe d’un spot publicitaire, en 2003, pour Louis Vuitton et qu’on ressent clairement la patte du film montré plus haut dedans et tout cela est loin d’être un hasard…

Ce clip promotionnelle pour Louis Vuitton, réalisé par Hosoda, sous la houlette de Murakami, qui en est le directeur artistique est complétement sous l’influence du film Digimon.  On en conserve même les deux styles graphiques. On garde l’aspect graphique assez simpliste qui désigne le monde réel et on troque le monde digital par l’univers sous acide de Murakami. En revanche, beaucoup d’image de synthèse sont présentes, dans un style Cel Shadé, qui peux parfois se confondre avec de l’animation traditionnelle.

Le Cel Shading est surtout une technique utilisé dans les jeux vidéos (Jet Set Radio sur Dreamcast ou plus récemment la série des Naruto Ultimate Ninja Storm), mais elle devient de plus en plus courante dans l’animation ! (la trilogie des films Berserk du studio 4°C en sont un bon exemple).

De cette première collaboration, une bonne partie du travail d’Hosoda sera imprégné de l’âme de Murakami.

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Le sixième film de One Piece sorti en 2005 par exemple, rien que son affiche reprend des fleurs colorées, dans un style très Murakamien.

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l’oeuvre « Flowers from the village of Ponkotan » de Takashi Murakami

Dans cette séquence du film « La traversée du temps » sorti en 2006, on retrouve encore ce style visuel si particulier, lorsqu’un personnage se retrouve hors de la réalité (ici, en l’occurrence, lorsqu’il y a un voyage temporel).

En Avril 2009, nouvelle publicité pour Vuitton. Cette fois, tout est réalisé en Cel Shading. Hosoda n’est pas crédité,  mais les deux hommes ont probablement dû se rencontrer et se montrer leurs projets commun car le réalisateur de « La traversée du temps » va grandement s’imprégner de cette publicité pour son film « Summer Wars » sortant quatre mois plus tard.

L’univers informatique du long métrage, « OZ », est une déclaration d’amour à l’art de Murakami.

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Capture d’écran du réseau informatique du film Summer Wars.

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« Tongari kun » de Takashi Murakami.

Passons désormais à un registre plus musicale. Si Warohl avait réalisé la plus que célèbre pochette du premier album du Velvet Underground. Il n’y avait pas de raison que Murakami  ne fasse pas de même avec ses contemporains.

Kanye West n’ai jamais bien loin de tous ce qui est « pop ». Si son album  aux sonorités les plus pop est à n’en pas douter « My Beautiful Dark Twisted Fantasy », sorti en 2010. Son album « Graduation », sorti en 2007, est dans un registre assez similaire. Quoi de plus pop que d’avoir un représentant du Pop Art pour illustrer la pochette de l’album ? Et là vous vous doutez bien de la finalité du merdier…

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Murakami signe la cover art et réalise même le clip du morceau qui ouvre l’album.

 

Allez savoir pourquoi, en 2010 l’actrice Kirsten Dunst, envisage de faire une reprise du titre « Turning Japanese », du groupe The Vapors. Le japonais produit et fait une apparition dans le clip, le résultat est…chelou. Mais bon ça se passe à Akihabara et tout le monde aime Akihabara.

 

La même année, Britney Spears pose en couverture d’un magazine Japonais. Murakami fait les photos et…je sais plus trop où j’en suis là…

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Le délire étudiante/marié/maillot de bain, je…je comprends pas en fait.

Toujours la même année, le plasticien expose à Versailles et là, c’est le bordel…

Passons éventuellement cette polémique, qui, selon le point de vue peut être légitime, mais soulignons juste que le mec de la pétition « non au mangas »… bah… j’imagine si on avait dit « non au comics » quand Warohl avait réalisé cette oeuvre sur Superman.

Plus négligeable, Il réalise Redial, un clip vidéo en image de synthèse pour l’édition limitée d’un CD de Livetune, et s’occupe d’un spot publicitaire pour une marque de cosmétique nippone en 2013.

Son travail le plus récent est producteur sur le clip « It Girl »de Pharrell Williams, qui est un concentré de couleurs flashy, de personnages mignons, de pixel art et de direction artistique complétement WTF !

Ah oui, il y a aussi eu cette horreur pour les oreilles, crée dans le but de promouvoir le film Jellyfish Eyes :

 

Sinon, cette année, Vans à sortie une collection de sapes assez cool en partenariat avec l’artiste, dont ces t-shirts bien funs, mais  vendus entre 130  et 150 balles sur ebay…

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Mais la plus belle pièce de toutes, restera ce cadeau de Murakami à Pharrell, du meilleur goût…

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Si l’homme vous intéresse davantage, je vous conseille l’excellent livre Murakami Versailles, aux éditions Xavier Barral. Bien qu’il soit difficile à trouver  à un prix décent aujourd’hui.

Le sampling de productions audiovisuelles Japonaises dans le Hip-Hop US

Lors de la sortie de son album « Last Days » en Mai 2013, Fuzati confiait à Libération qu’il appréciait les musiques des dessins animés nippons des années 70-80. On en retrouve de nombreuses boucles dans le rap Français. De Cobra chez la Scred Connexion avec Fabe à Dragon Ball Z plus récemment chez Demi Portion. Il ne faut néanmoins pas omettre de mentionner le sample de Princesse Mononoke chez La Caution ou encore Grems qui fait une utilisation assez surréaliste d’une piste issue de la bande originale de Godzilla contr Mothra.

Le morceau original « Gojira tai Mosura » d’Akira Ifukube :

La prod de Klimaax pour le morceau « Rencontre avec un ballon » de Grems :

A noter que ce même morceau d’Akira Ifukube est samplé sur le célèbre « Simon Says » de Pharoahe Monch (dont une reprise a été faite à la sauce punk hardcore par les français de Rise of the Northstars, mais là, on s’éloigne du sujet).

Outre-Atlantique, l’utilisation de « bouts de morceaux » d’artistes Japonais se fait aussi et il faut dire qu’après avoir utilisé jusqu’à épuisement des boucles de George Clinton, Curtis Mayfield ou James Brown issue des disques de papa, les producteurs de rap ont bien dû trouver de nouvelles matières à exploiter. Bien que le sampling n’est aujourd’hui plus autant d’actualité faute à des problèmes d’ayants droits (dans la vie rien n’est gratuit…) mais également avec toutes la vague de Trap de Chicago et Atlanta qui remet plus au goût du jour la TR 808 très utilisé dans le hip-hop (et dans une partie de la pop) des années 80.

Revenons donc sur quelques morceaux de rappeur US dont les producteurs trouvent l’inspiration au pays des robots géants :

Production de Polyhedron pour le morceau « The Rain » de Tech N9ne (featuring Alyia Yates et Reign Yates)

Le morceau original « Rain » de Yoko Kanno & the Seatbelts

Fin 2006 Tech N9ne sort un sixième album et « Oh surprise ! » A la 17éme piste du 1er CD, on retrouve un sample issue de l’animé Cow Boy Bebop. Animé culte pour son staff (Le réalisateur Shin’ichirō Watanabe à sa tête est un poids lourd de l’industrie de l’animation), mais tout aussi culte pour sa bande originale composé par Yoko Kanno & The Seatbelts piochant allégrement dans le Jazz, le Blues, le Rock’n’roll ou à la Folk. Cow Boy Bebop est autant une série à voir qu’a écouter.

« Samurai Champloo » autre série animé de Shin’ichirō Watanabe, sera aussi empreinte d’une touche musicale, plus ambiant/hip-hop cette fois, dont le talentueux producteur décédé aujourd’hui, Nujabes, à insufflé toute la saveur.

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Production de The Alchemist pour le morceau « The Mac is back » de Prodigy

Le morceau « Kamen Rider Theme » de Shunsuke Kikuchi

En 2007, le rappeur Prodigy, sort son deuxième album solo quasi-intégralement produit par Alchemist qui sample principalement la bande originale du film de Blaxploitation « Black Caesar ». L’exception est l’intro de cet album dont le sample provient de la soundtrack de série de Tokusatsu pour enfants Kamen Rider. Composé par Shunsuke Kikuchi à qui l’on devra plus tard l’intégralité des musiques de fonds de Dragon Ball Z.

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Production de brandUn DeShay pour le morceau « Lincoln Continental » de Danny Brown

Le « Main Theme » de Final Fantasy VII par Nobuo Uematsu

Après plusieurs mixtapes, le rappeur de Detroit Danny Brown se décide à sortir son premier album studio « The Hybrid » en 2010. En 2011, il sort la version Deluxe contenant 3 titres supplémentaires, dont ce « Lincoln Continental » qui utilise un sample du thème principal du Final Fantasy le plus populaire « éveur ». Bon, là, c’est du facile, le sample est pas vraiment détourné (juste filtré) et il a pas du se prendre trop la tête pour trouver l’idée.

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Production de 6ix pour le morceau « Welcome to forever » de Logic

Thème de fin « Never More » par Shoji Meguro

Logic a dû un peu trop écouter Kendrick Lamar pour lui pomper son flow en mode « sans race ». Ceci dit, il à des prods assez cool parfois et même assez étonnante. Preuve en est, ce sample issue du jeu vidéo à succès d’Atlus « Persona 4 ». Un jeu « qu’il est bien » avec une bande son pop plaisante et surprenante pour un jeu de rôle.

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Production de Alchemist pour le morceau « Big League Chew » de Action Bronson

« Lonely for the road » de Yuji Ohno

Encore une prod d’Alchemist, mais cette fois ci pour Action Bronson, le type qui bouffe autant qu’il chie des tracks. Le morceau de base vient de Lupin III (Edgar de la cambriole en France), série animé très populaire au Japon et en Italie dont les musiques très typées Jazz Funk sont composées par Yuji Ohno ayant aussi bossé sur Cobra et Capitaine Flam. D’ailleurs Cow Boy Bebop dont je parlais plus haut est en partie inspirée de Lupin III.

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Forcément, le rap, comme le métal (et j’y reviendrais un jour), mais plus globalement la musique pop, bouffe tous ce qui l’entoure et donc la pop culture dans son ensemble. On trouve dans de nombreux textes de rap US ou Français des références à Saint Seiya, aux comics de super héros, à Sonny Chiba et aux jeux vidéos.

Ceci dit, par delà le texte, il était aussi important de parler de la production musicale dans rap et de ses sources d’inspirations, car au final on le sait tous, les producteurs de rap sont bien souvent plus intéressant que les rappeurs et c’est eux qu’on devrait interviewer.

Popcore, le blog qui fait caca sur les journalopes.

Depuis trop longtemps, je m’exaspère de voir la pop culture sur le net traitée comme de la merde. Si vous allez faire un tour sur Konbini ( vous savez, le site qui entre  deux articles sur le dernier Hunger Games, vous parle du racisme…), vous vous apercevrez assez vite (et si vous êtes pas trop cons) que les articles sont très souvent sans fonds, les news postées trois semaines après tous les sites US et qu’en plus les teubés qui bossent sur ce site ont rarement un avis subjectif sur un artiste musical, un film ou n’importe quel sujet qu’ils torchent à l’arrache.

Quand il s’agit de jeux vidéos, Gameblog est aussi un exemple du genre (et va y que je te chie des articles et des rumeurs [dejà certifié fausse avant de les poster] à la minute pour faire du clic), Booska-P pour le Rap (oué, on coné 3 rapeur frencé é lé clash s’est rigolow alor en interview on parl ke 2 ça).

Bref, ces cons sont bien trop payés pour le peu d’apport qu’ils fournissent et en vérité, on peut légitimement se demander s’ils connaissent un minimum le milieu qu’ils traitent.

Donc, modestement, mais tout de même avec une certaine dose d’arrogance, je compte parler de ciné, de musique, de jeux vidéos et de BD avec un vrai avis et en fournissant des analyses plus poussée que la moyenne de tous ces torchons du Web.

Sur ce, à bientot !